Aurélien Cadiou, qui présidait l’Anaf depuis 2017, et son successeur Baptiste Martin, lors de la passation de pouvoirs, le 27 février 2025.
Baptiste Martin, nouveau président de l'Association nationale des apprentis de France
Aurélien Cadiou qui présidait l'Association nationale des apprentis de France (Anaf) depuis 2017 passe le relais à Baptiste Martin. Le nouveau président, élu le 25 février, compte renforcer les services offerts aux alternants ainsi que le rôle de représentation de l'association auprès des acteurs de la formation en alternance.
Par Laurent Gérard - Le 03 mars 2025.
Nouveau président et continuité des enjeux. Le conseil d'administration de l'Association nationale des apprentis de France (Anaf) a élu, le 25 février, Baptiste Martin (28 ans) président pour un mandat de trois ans. Après un parcours classique en formation initiale, Baptiste Martin a repris des études en apprentissage pour effectuer un mastère en management et structuration des entreprises, achevé en 2024. Il travaille à Clermont-Ferrand comme assistant de direction au service interdépartemental pour la réussite des alternants (Sira), qui intervient sur les questions de logement et de mobilité. A ce titre, il était adhérent de l'Anaf. Entré au conseil d'administration de l'association il y a un an, il a posé sa candidature à la présidence quand Aurélien Cadiou a annoncé son départ.
18 000 bénéficiaires en 2024
Baptiste Martin prend ainsi la tête d'une structure de 52 personnes et de 2 millions d'euros de budget. Les ressources de l'association émanent de plusieurs sources : solde de taxe d'apprentissage, subventions de l'État, Fonds social européen (FSE), Régions et adhésion de prestataires de formation qui signent avec l'Anaf une charte de bonne conduite. Le siège de l'association est lyonnais, mais une petite dizaine d'antennes existent sur le territoire. En 2024, les différents services de l'Anaf (SOS apprentissage, mentorat…) ont bénéficié à 18 000 jeunes.
Un rôle clé à un « moment difficile »
Les objectifs de Baptiste Martin sont de « renforcer le pouvoir de représentation » de l'Anaf auprès de tous les acteurs concernés par l'apprentissage : prestataires partenaires, gouvernement, parlementaires, Régions, opérateurs de compétences… Comme Aurélien Cadiou, il affirme que l'apprentissage est dans un « moment difficile » avec des niveaux de prise en charge qui baissent, une réduction des aides financières à l'emploi de jeunes, une augmentation des charges sur les salaires des apprentis…
Une rentrée à risques
« Les aides sont en baisse, nous ne sommes pas vraiment écoutés, on note une moindre dynamique gouvernementale. Sans mesure compensatrice, il faut s'attendre à un ralentissement des inscriptions en septembre prochain », affirme-t-il. Selon lui, les apprentis bac et infra bac - « qui connaissent le plus de problèmes sociaux, de mobilité, d'avenir… » - doivent rester la priorité de financement. Sans tuer la dynamique dans le supérieur, « qui permet une ouverture sociale », il conçoit, comme son prédécesseur, qu'il faut en adapter les modalités « en évitant les politiques uniformes ».
Développer le mentorat
Autre mission que poursuivra Baptiste Martin : lutter contre les pratiques abusives (frais de scolarité infondés…) de certains nouveaux prestataires et CFA, sujet sur lequel l'Anaf revendique avoir été très présente. Enfin, le mentorat d'apprentis porte beaucoup d'espoir, « car très efficace en termes d'insertion. 600 jeunes en ont profité en 2024. Nous avons davantage de mentors disponibles que de jeunes. Il faudrait du budget supplémentaire sur ce point », conclut le nouveau président.