Un nouveau dispositif lorrain de formation de conseiller en insertion professionnelle

Par - Le 01 janvier 2011.

“Dans le combat que peut représenter l'accès ou le retour à l'emploi, à mi-chemin entre crise et embellie de l'activité économique, l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi fait toujours figure de priorité." Ainsi s'exprime l'Afpa de Nancy-Laxou (Meurthe-et-Moselle) pour présenter sa “formation de conseiller en insertion professionnelle (CIP), nouveau dispositif lorrain pour l'optimisation de l'accompagnement et de l'orientation des demandeurs d'emploi et des salariés en reconversion professionnelle".

Pour Thony Didier, formateur Afpa responsable de la formation, la décision de décliner ce dispositif déjà présent dans 12 autres régions fait suite “à de nombreux échanges avec les structures concernées". Plusieurs d'entre elles “ont déjà beaucoup de salariés en poste, mais peu qualifiés sur cette question de l'insertion", explique-t-il. Pourquoi avoir tant attendu pour proposer cette formation en Lorraine ? “Tout simplement parce qu'au début des années 2000, il nous paraissait moins judicieux de réinjecter de nouvelles personnes que de valider celles en activité. Nous avons donc d'abord plutôt fait le choix de la VAE, couplé à des actions de formation complémentaires. Mais il existe aujourd'hui une demande d'emploi qui justifie cette évolution : de mars 2009 à 2010, ce sont environ 300 postes de CIP ou équivalents qui ont été offerts au recrutement."

D'où une première session expérimentale conduite en 2009, à l'issue de laquelle le Conseil régional a inscrit l'action dans ses appels d'offres. De quoi financer 10 des 16 stagiaires de la promotion 2010-2011, le reste émargeant pour moitié à des financements spécifiques Pôle emploi, l'autre moitié étant bénéficiaire d'un congé individuel de formation. Parmi celles-ci, Marie Leviez, entrée voici neuf ans aux Chantiers de Lortie, une association d'insertion de l'agglomération nancéienne, spécialisée dans le maraîchage bio et l'entretien d'espaces verts. De profil commercial, mais occupant un poste d'accompagnement socioprofessionnel depuis trois ans, Marie Leviez a d'abord été formée “sur le terrain", par la directrice, Valérie François. “L'idée d'une professionnalisation par l'intermédiaire du Cif nous est venue conjointement, explique cette dernière. En tant qu'employeur, nous souhaitons faire reconnaître notre action et améliorer notre pratique, mais aussi développer nos liens avec le tissu socioéconomique et, ainsi, agrandir le réseau d'entreprises partenaires. Cette formation répond d'ailleurs à nos besoins parce qu'elle s'inscrit dans le tissu local. Cela va nous permettre d'appréhender ce qui se fait ailleurs et donc, de nous donner des idées. Sinon, il y avait à la fois l'envie de faire reconnaître sa pratique et de se mettre dans une logique d'employabilité." Pourquoi ne pas avoir choisi la voie de la VAE ? “Nous nous sommes posés la question, mais avons jugé qu'il était préférable de suivre la totalité de la formation, d'autant plus que la procédure VAE n'était pas forcément plus simple et que le Cif nous permet de remplacer l'absence de Marie Leviez", souligne Valérie François. S'agissant des autres stagiaires, “seuls deux ou trois ont déjà de l'expérience dans ce domaine, précise Thony Didier, les autres sont là à la suite d'actions d'évaluation de leur projet professionnel". Sont visées par l'Afpa “toutes les structures qui prévoient des actions d'accompagnement et  d'orientation de  demandeurs d'emploi ou de personnes en transition professionnelle". Soit aussi bien les traditionnels Pôle emploi, Missions locales ou PAIO que les structures de conseil spécialisé (travailleurs handicapés, etc.) ou les acteurs de l'insertion par l'activité économique. À quoi s'ajoutent deux marchés “relativement nouveaux" : d'une part, celui des sous-traitants de Pôle emploi (cabinets de conseil, agences d'intérim, etc.), d'autre part, celui des organismes de formation, qui ont de plus en plus tendance à “se positionner sur le marché de l'accompagnement depuis que le marché ne fonctionne plus que par appel d'offres", conclut Thony Didier.

L'Ecole supérieure de travail social

L'École supérieure de travail social (Étsup) le rappelle sur son site, elle est “à l'origine, avec l'Afpa, de la création du Référentiel emploi activité compétences pour le métier de conseiller en insertion professionnelle". Le niveau bac ou équivalent est requis pour l'accès à la formation. Si “une expérience d'un an minimum dans le champ de l'insertion et de l'accompagnement de publics en difficulté était exigée précédemment, ce n'est plus le cas désormais" pour l'Afpa. L'Étsup demande, elle, d'“être âgé de 25 ans minimum et de témoigner d'une expérience professionnelle de trois ans minimum, dont un an confirmé auprès des publics en difficulté d'insertion". À noter que la formation est modulable et le titre, de niveau III, accessible par la voie de la VAE en quatre certificats de compétences professionnelles : “Accueillir des personnes en démarche d'insertion et analyser la demande pour favoriser l'accompagnement" ; “Accompagner les personnes dans leurs parcours d'insertion sociale et professionnelle" ; “Développer et mettre en œuvre des solutions d'insertion avec les employeurs" ; “Contribuer au montage de projets ou à la réalisation d'actions dans le champ de l'insertion".